Imposture médiatique

On vient d’apprendre que des chercheurs Américains et Thaïlandais venaient de mettre au point un vaccin contre le SIDA dont résultats semblent prometteurs.

Dès la lecture des différents articles de presse qui relatent cet évènement, on constate très vite un certain nombre d’incohérences que personne ne semble voir.

Le site médiscoop dédié à la revue de presse médicale relate la nouvelle ainsi :

« Sida : une avancée inattendue sur le front du vaccin »

Libération, Le Figaro, Le Parisien, La Croix, L’Humanité, La Tribune, Les Echos.
Libération indique en effet sur 2 pages que « les résultats d’un essai sur plus de 16.000 volontaires thaïlandais montrent une réduction d’un tiers du risque d’infection. Une éclaircie après une série de déceptions ».

Le journal explique que ce vaccin expérimental est un « agrégat de 2 vaccins antérieurs. Cette combinaison réduirait d’un tiers le risque d’infection par le virus ».

Le quotidien remarque qu’« un tiers, c’est évidemment loin d’une protection totale, très loin du bon vieux préservatif. Il n’empêche : ce vaccin semble induire une réponse immunitaire suffisamment forte pour que, dans certains cas, des personnes exposées au virus ne se contaminent pas ».

Libération précise qu’une première injection a eu lieu sur des volontaires séronégatifs « avec le vaccin prototype de Sanofi-Pasteur, baptisé l’Alvac ; puis quelques semaines plus tard, pour booster la réponse immunitaire, [l’injection] d’un second produit, de la firme VaxGen [a eu lieu] ».

Le journal ajoute qu’« à tous [les volontaires] ont été données des consignes strictes : en particulier de ne pas avoir de relations sexuelles non protégées ».

Le Dr Jerome Kim, de l’Institut de recherche de l’armée Walter Reed du Maryland (Etats-Unis), déclare : « Nous avons eu 74 infections dans le groupe dit placebo. Et 51 dans le groupe vaccin ».

Libération relève que « ce résultat déroute autant qu’il déconcerte. La plupart des chercheurs avouent ne pas comprendre pourquoi cette combinaison de vaccins fonctionne, alors que l’Alvac seul n’agit pas ».

« En tout cas, c’est la première éclaircie dans un ciel jusqu’à présent particulièrement gris sur la question du vaccin contre le VIH Le journal publie un entretien avec le Pr Jean-François Delfraissy, qui dirige l’ANRS, qui parle de « bonne nouvelle » mais remarque : « Restons à la mesure de cet essai. Il porte sur de petits effectifs [alors que] 16.000 personnes [y] ont été intégrées ».

Le Parisien titre pour sa part : « Enfin des résultats prometteurs contre le sida ».

Le quotidien note que ce vaccin « a permis une réduction de 31,2% des contaminations par le VIH », et livre notamment les propos de Michel De Wilde, vice-président recherche & développement de Sanofi-Pasteur, qui indique : « Bien que modeste, la réduction du risque d’infection est statistiquement significative ».

Le Figaro note pour sa part « enfin des résultats encourageants ! […] Mais beaucoup reste à faire ».


Cette revue de presse montre que les articles des journalistes français sont unanimes sur la question du vaccin. Pourtant, l’échec réitéré du vaccins depuis 30 ans montre, à lui-seul, que l’hypothèse VIH du SIDA est suspecte et que même l’origine infectieuse du SIDA doit être prise avec précaution. J’ai fait le bilan des informations existantes sur cet aspect dans mon livre « Pour une médecine écologique » aux éditions Alphée mais, disons qu’il existe des chercheurs qui contestent toute origine virale à cette maladie et d’autres qui affirment que l’agent causal du SIDA n’a pas été identifié ni isolé, ce qui expliquerait les difficultés à fabriquer un vaccin.

L’argument retenu par les scientifiques et les journalistes pour expliquer cette difficulté repose sur les mutations du virus mais le virus de la grippe mute chaque année et cela n’empêche pas de fabriquer un vaccin. Il faut dire que la grippe n’étant pas, statistiquement, une maladie grave, personne ne se préoccupe des réels effets de protection du vaccin dont, pourtant, chacun répète chaque année, de façon incantatoire, qu’il est indispensable pour protéger les personnes âgées.

Il est maintenant temps de se pencher sur cette nouvelle et d’analyser ce qui est dit :

  • des chercheurs Américains et Thaïlandais ont travaillé sur ce vaccin expérimental. En fait, on apprend également que les Américains sont issus d’un institut de recherches de l’armée Américaine. Sans être paranoïaque, cette information n’est pas totalement anodine.
  • Sur le plan éthique, le test est fait sur des populations non occidentales, ce qui n’est, là non plus, pas anodin.

Sur le plan des résultats maintenant, que disent-ils réellement ? Il est une chose importante à faire pour commenter ce genre de résultats ; il faut sortir une calculette et faire de simples opérations.

  • On nous annonce que 16 000 volontaires séronégatifs se sont portés volontaires. Même si les articles ne le disent pas, on peut raisonnablement penser que la moitié, soit 8 000, a reçu le vaccin et que l’autre moitié, les 8 000 autres, a reçu un placebo. Il ne faut pas oublier l’aspect éthique qui consiste à tester un produit dont la dangerosité reste possible sur des personnes qui n’en savent rien.
  • Des consignes strictes de protection ont été données aux sujets d’expérimentation. Dans ce cas, le minimum de l’honnêteté méthodologique est de s’assurer que la consigne a été, à la fois, suivie efficacement et de façon homogène par l’ensemble des groupes évalués. Or ce point, essentiel pour la validité de l’évaluation, n’a pas pu être contrôlé et donc, on ne sait rigoureusement rien des facteurs de contamination des individus au sein des groupes. Vouloir ensuite déduire des aspects de protection vaccinale relève, tout simplement, de l’imposture la plus malhonnête.
  • Si on fait les calculs simples que les chiffres fournis impliquent, on constate que dans le groupe placebo, 74 cas de contamination sur 8 000 représentent 0,9% et que 51 cas représentent 0,6%. La différence est 0,3%. Afin de mieux comprendre, il faut remarquer que des rapports protégés induisent, tout de même, un niveau de contamination de l’ordre de 6 à 9 pour 1000. Ainsi, le succès de vaccin a permis d’éviter 3 cas sur mille. Ce vaccin que l’on considère efficace à 30% permet en fait d’éviter 3 contaminations sur mille. Il ne fait de doute pour personne que ce résultat est dérisoire. Ce résultat est à rapprocher de cette affirmation du journal Libération qui affirme que la bon vieux préservatif protège tout de même mieux. Outre l’affirmation gratuite que cela représente, l’analyse de l’étude montre aussi que le préservatif permet encore 9 contaminations pour mille.
  • Par ailleurs, on constate que les chercheurs ne comprennent pas pourquoi le vaccin « fonctionne ». Ils le comprennent d’autant moins, qu’une précédente étude faite en 2005 en Afrique du Sud par Merck sur son vaccin, le V520, avait donné des résultats exactement inverses : c’est-à-dire que le groupe placebo a été mieux protégé que le groupe vacciné. Cela ne s’explique que par une incapacité à évaluer l’homogénéité des précautions individuelles prises au sein des groupes testés ou par une contamination du au vaccin.

Dans tous les cas, il faut reconnaître que la recherche patauge ! Il y a à cela au moins deux causes :

  • Le SIDA n’est pas une maladie mais un syndrome. Il n’y a donc pas de lien entre une causalité manifeste et une maladie. Ceci, d’autant que les maladies qui apparaissent en cas de SIDA n’ont rien de spécifiques par rapport aux populations locales. Par exemple, les malades du SIDA en Afrique ne sont malades d’autres maladies que celles communes en Afrique.
  • L’isolation d’un agent causal, ici le VIH, m’apparait de moins en moins certaine. Ainsi, dans la mesure où la réelle cause du SIDA ne serait pas infectieuse ou d’une nature infectieuse encore inconnue, il est évidemment impossible de trouver une parade. La preuve de cette incapacité se manifeste dans le bricolage expérimental. Nous avons deux vaccins dont aucun ne fonctionne et on pense qu’en les mélangeant, on pourrait obtenir un résultat favorable. Cela s’appelle de la « pensée magique » et en aucun cas une démarche scientifique.

Dans ce contexte, on constate que certains journalistes, mais peut-on encore les appeler ainsi, sont davantage des instruments de la propagande des grands laboratoires. Il suffit d’avoir écouté vendredi 25 septembre Hélène Cardin, chroniqueuse médicale sur France-Inter, emboucher les trompettes de la renommée pour comprendre l’absence d’esprit critique de cette caste de personnages qui n’ont plus rien à voir avec le métier de journaliste.