Le colloque du 28 octobre 2006

Programme du colloque

La médecine occidentale, malgré des succès historiques pour vaincre les maladies, ne parvient pas à restaurer la santé des populations. Les malades sont toujours plus nombreux et leur traitement donne lieu à des coûts que la société est de moins en moins en mesure de supporter.

Programme du colloque

Etat des lieux

La médecine occidentale, malgré des succès historiques pour vaincre les maladies, ne parvient pas à restaurer la santé des populations. Les malades sont toujours plus nombreux et leur traitement donne lieu à des coûts que la société est de moins en moins en mesure de supporter.

Il y a au moins deux conséquences :

D’une part, les personnes les plus cultivées, socialement plus armées et dont les moyens économiques le permettent choisissent souvent de se soigner autrement et s’orientent vers les médecines non conventionnelles.

D’autre part, la solidarité nationale, pivot de notre système de soins depuis 1945, est de plus en plus contestée. Ce dernier point conduira à un prochain terme l’exclusion probable des personnes les plus pauvres de notre système de soins.

Cette situation a plusieurs origines, mais la principale réside dans la doctrine de la médecine elle-même, qui ne possède pas son propre corpus thérapeutique. De plus, depuis les années 1950 en particulier avec l’émergence des grands groupes pharmaceutiques, la médecine est totalement dépossédée de toute autonomie thérapeutique. Celle-ci a été massivement accaparée par l’industrie pharmaceutique, qui devient seule responsable de la création des médicaments, de leur destination et de la formation des médecins en matière de prescription. Cette industrie, malgré sa destination en principe humaniste, n’échappe pas aux règles de l’économie et cherche à accroître ses parts de marché et à trouver toujours plus de clients à qui on doit vendre toujours plus de produits. Mais ici, les clients sont des malades potentiels, et les produits, des médicaments. Cette donnée économique entre en conflit avec le besoin pour une société d’un état sanitaire satisfaisant, lequel ne se mesure pas par un nombre croissant de malades.

La médecine occidentale fonde son action et ses succès sur l’éradication des maladies, mais ne vise absolument pas à restaurer la santé. Cette appréciation différente des états de santé est à l’origine des problématiques sur l’évaluation des pratiques médicales.

Objectifs de la conférence

Ce projet résulte de la volonté d’un groupe de personnes motivées pour installer le pluralisme thérapeutique dans notre système de santé.

Le but est de montrer l’opportunité de construire un système de santé écologique dont l’objectif principal serait le passage du traitement des maladies à la restauration de la santé, situation qui doit être la plus stable possible. Pour cela, nous souhaitons promouvoir les médecines non conventionnelles en occident comme une alternative possible à la médecine actuelle qui repose essentiellement sur la chimie. Les médecines non conventionnelles constituent dans notre esprit une étape qui conduira la pensée médicale vers d’autres paradigmes fondamentalement écologistes.

En agriculture, il est constaté tous les jours que la pratique chimique, industrielle et intensive est source de pollutions et de problèmes de santé, de coûts et de rendements sans commune mesure avec ces derniers. La seule alternative crédible est une pratique écologiste représentée par les différentes pratiques d’agriculture biologique. La problématique qui touche la médecine est de même nature et ne saurait justifier d’aucun caractère de subsidiarité du fait de sa position.

Les médecines traditionnelles constituent les dernières médecines authentiquement écologiques. Il faudra montrer qu’elles restent vivantes et très efficaces quand la culture qui les soutient n’a pas été totalement détruite. Elles ont montré cette efficacité avec des moyens souvent dérisoires, en comparaison de ceux alloués à la médecine occidentale pour des résultats qui restent très médiocres.

Nous nous appuierons également sur le rapport de l’OMS, intitulé « Stratégies pour les médecines traditionnelles pour 2002-2005 » qui montre la nécessité d’utiliser massivement les médecines traditionnelles dans leur pays d’origine, mais aussi pour les populations émigrées dans leur pays d’accueil, ainsi que les médecines dites complémentaires que nous appelons par commodité, médecines non conventionnelles, dans les pays occidentaux. Nous considérons pour notre part que ces médecines non conventionnelles sont en fait des avatars de nos médecines traditionnelles, mais qui ont disparu dans leur forme originelle.

Intervenants

Ce colloque se fera sous le patronage de Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement de Paris et Conseiller de Paris [[Il est le seul maire Vert de Paris et l’action de son équipe est exemplaire de ce que peut être une gestion écologique.]] et de Paul Lannoye, ancien député européen, principal acteur des demandes de reconnaissance des médecines non conventionnelles. Ils assureront la présidence d’honneur de l’événement que nous souhaitons créer.


Discours d’introduction de Jacques BOUTAULT Maire du 2e arrondissement de Paris

Introduction au colloque sur les Médecines non conventionnelles
Samedi 18 octobre 2006
Salle Jean-Dame. Paris 2e arrondissement

Incontestablement, la médecine conventionnelle est malade. Malade de son fonctionnement, malade de ses certitudes, malade de son coût financier.

Et malade de ses échecs, aussi. Elle soigne, certes, souvent efficacement. Mais elle échoue aussi plus fréquemment qu’elle ne l’avoue. Car en soignant une maladie combien de fois n’en déclenche-t-elle pas une autre ?

La médecine classique ou conventionnelle s’attaque essentiellement aux symptômes et néglige les causes et les origines de la maladie. Elle ne s’intéresse, pour ainsi dire pas, à la prévention.
Son recours quasi exclusif à la chimie et à la chirurgie atteint ses limites.

Elle est incapable de trouver une riposte efficace au développement des maladies nosocomiales et autres maladies infectieuses.
Les incontestables progrès et découvertes de la médecine occidentale, depuis Claude Bernard et Louis Pasteur au 19e siècle, l’ont rendu intouchable, sûre d’elle même. Au point de mépriser toute alternative non scientiste – toute façon de soigner, qui bien que donnant des résultats, est négligée car non prouvée par l’expérimentation.

Au 21e siècle, la reproduction de l’expérience peut-elle toujours être considérée comme la seule preuve de l’efficacité d’une technique ou d’un médicament ? N’est-il pas opportun de cesser de raisonner uniquement en termes statistiques et de parvenir à prendre en compte les individus dans leur diversité et leur complexité ?

L’homéopathie, l’ostéopathie, l’acuponcture, la psychothérapie, la naturothérapie… beaucoup s’en servent avec succès. Le Parlement européen a été amené à le constater et s’est prononcé en faveur du pluralisme thérapeutique et la reconnaissance des médecines non conventionnelles. Mais force est de constater que notre pays tarde à reconnaître une autre façon de soigner. Et sans doute pas uniquement parce que cela contraindrait la sécurité sociale à rembourser les soins. Les blocages sont d’ordre souvent idéologiques.

La liberté de soigner existe dans de nombreux pays. Pratiquer une thérapie, selon des protocoles précis, encadrés et reconnus par un Conseil d’éthique professionnel – à condition de ne pas usurper le titre de docteur en médecine – devrait être reconnu en France.
Les écomédecines, comme votre colloque va proposer de dénommer, désormais, les médecines non classiques, doivent être reconnues et bénéficier d’un statut.

C’est, à mes yeux, le meilleur moyen de lutter contre les pratiques douteuses ou sectaires qui viennent ternir l’image de ces médecines parfois anciennes, parfois très récentes, et dont la pratique offre une alternative efficace et recherchée par un nombre de plus en plus grand de patients.

Pour toutes ces raisons, je suis très heureux d’accueillir vos travaux dans cette salle municipale du 2e arrondissement. Je vous y souhaite des échanges fructueux et conviviaux.

Jacques BOUTAULT maire (Vert) du 2e arrondissement de Paris.


Participants au colloque

  1. Jean Michel Athané (organisateur)
  2. Olivier Duché (organisateur)
  3. Christian Portal (organisateur)
  4. Pierre Dhombre (animateur)
  5. Yvette Parès (conférencière)
  6. Sylvie Simon (conférencière)
  7. Dominique Delaporte (conférencière)
  8. Roselyne Morel (conférencière)
  9. Paul Lannoye (conférencier)
  10. Michel Van Wassenhoven (conférencier)
  11. Jean Louis Garillon (conférencier)
  12. Sylvie Fava-Lehoux
  13. André Lebreton
  14. Edwige Fadeieff
  15. Thérèse-Marie Chassagne, association PRENONS ZEN de la GRAINE
  16. Bernard Hammond, association DANSE DE LA VIE
  17. Catherine Drouault
  18. Pierrette Flandrin
  19. Cécile Portal
  20. Anita Blasco
  21. Henriette Sarraseca
  22. Michel Rioche
  23. Gilbert Julliard (Phyto 2000)
  24. Serge Theytaz (Phyto 2000)
  25. Michel Pradelle, Assoc. de Patients de la Médecine anthroposophique
  26. Régis Glaise
  27. Annick Durdur
  28. Jean-Philippe Mars
  29. Sophie Derichs
  30. Jean-Jacques Rosankis (SNAMAP)
  31. Etienne Capiaux
  32. Pascale Thairciel
  33. Marc Thairciel
  34. Sylvain Imbs
  35. Malka Kreizel
  36. Odile Alleguede (journaliste)
  37. Jean Paul Pellet
  38. Jean-Marc Serour
  39. Claudine Secret
  40. Bénédicte Mignot
  41. José Rodrigues
  42. Micheline Demouzon
  43. Sarah Meghira
  44. Marcelle Bardel (Association pour le libre choix de sa médecine)
  45. Paule TERES
  46. Julien COUDRY
  47. Martine HOUARD
  48. Alice Thibault
  49. Marianne El-Kaïm
  50. Daniel Vignat
  51. Mathilde Alluchon
  52. Stéphane Smeets
  53. Brigitte Grimm-Laforest
  54. Fabienne Sala-Willerval
  55. Simone Brousse
  56. Denise Jourdan-Hemmerdinger
  57. Yukiro Takeda
  58. Thierry Valle
  59. Sophie Ténard
  60. Mikaël Gielzakowski
  61. Bertrand Séné (FEA)
  62. Patrick Hoor (FEA)
  63. Philippe Laurent
  64. Nicole Thomas
  65. Nicole Zera
  66. Marc Masio
  67. Jacqueline Pecker (APMH)

Premières impressions après le colloque

Tout d’abord, nos très vifs remerciements à Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris et à Annie Lahmer, directrice de cabinet, pour leur indéfectible soutien.

Nous devons y associer Christophe à la régie pour sa disponibilité.

Nous remercions également les laboratoires Fenioux et Weleda pour leur soutien financier.

La réunion s’est très bien passée, malgré les surprises, toujours inévitables, quand on fait venir des personnes de toute la France, sans oublier la Belgique. Quelques auditeurs ont manqué à l’appel, et également deux conférenciers, qui ont subi des contretemps, n’ont pu venir.

Nous avons regretté n’être qu’une soixantaine. Cela est le résultat de plusieurs facteurs :

  • C’était notre première organisation et nous avons fait des erreurs.
  • Ce samedi correspondait au premier jour des vacances.
  • Nos réseaux ont mis du temps à faire circuler l’information qui est parvenue trop tard.
  • Les associations de patients ou de professionnels sont trop nombreuses, trop dispersées et trop isolées.

Quand nous poursuivrons notre démarche, nous aurons, je l’espère, surmonté ces difficultés. En tout cas, il faudra tenir compte de ces données pour poursuivre notre action.

Malgré ces réserves, la journée fut un succès. Elle répondait à une attente du public qui s’est traduite par un foisonnement de demandes d’information.

Les interventions ont été très appréciées, de très bon niveau, partagées entre humanité et pertinence d’analyse.

La première intervention de Christian Portal a fait l’état des lieux et défini les problématiques en cause et les objectifs du colloque.

Ensuite, Michel Van Wassenhoven, un médecin homéopathe Belge, entre autre Président de la commission Belge d’enregistrement des médicaments homéopathiques, nous a fait partager sa vision et son analyse de la problématique de reconnaissance des médecines non conventionnelles à travers son expertise de l’homéopathie.

Puis, Jean Louis Garillon, un naturopathe au parcours extraordinaire, qui l’a mené de la faculté de médecine de Nancy, à l’institut de médecine quantique de Moscou, en passant par des formations en homéopathie, naturopathie en Allemagne, Suisse et Canada, puis des missions humanitaires en Afrique et en Asie. Il a mis en avant les dispositions écologiques de la naturopathie à travers des rôles socio-sanitaires, l’éducation sanitaire, la prévention, le respect et l’activation de l’auto-guerison, la complémentarité d’action avec les professions medicales et l’accompagnement a la croissance de l’individu.

Le professeur Yvette Parès, après un parcours classique en microbiologie des sols et humaine, des travaux sur la lèpre au Sénégal et devant l’échec des thérapeutiques chimiques, s’est tournée vers la médecine traditionnelle Sénégalaise. Comme elle le dit, «quand le disciple est prêt, la maître arrive». Elle propose une démarche pour relier ces deux mondes, pour promouvoir l’idée de « polythérapies naturelles » en transposant à partir des modèles africains, des remèdes construits pour les européens avec des plantes locales. On sent chez Yvette Parès cette humanité qui se traduit par un désir de soigner et d’aider ceux qui souffrent.

Paul Lannoye, le principal acteur au Parlement Européen de la cause des médecines non conventionnelles, qui pendant deux mandats a travaillé à une « résolution pour les médecines non conventionnelles ». Après deux tentatives, il a obtenu gain de cause, si l’on peut dire, car il a refusé d’associer son nom au texte final, car celui-ci s’était trop éloigné des ambitions légitimes des premières versions. Il l’a tout de même voté, et malgré sa déception, considère tout de même que la résolution constiue une avancée notable. Pourtant le parlement n’a rien fait pour entériner le texte et lui donner une réalité concrète. Ce n’est finalement qu’au niveau des Etats que les situations ont évolué ou stagné. Dans ce classement, le pays le plus libéral est le Royaume Uni, et le plus rétrograde est la France.

Nous avons eu ensuite des échanges fructueux avec la salle.

L’après-midi, nous avons eu une table ronde avec :

  • Pierre Dhombre, rédacteur en chef d' »Alternatives Santé » qui était chargé de l’animation.
  • Christian Portal a présenté le texte de l' »Appel pour une médecine écologique » ainsi que les bases d’une organisation future de notre mouvement. Celui-ci se présenterait comme un collectif informel réuni en réseau, d’associations de patients, de professionnels et personnes isolées qui auraient toutes en commun d’avoir souscrit au contenu du texte. Chaque action serait connue de tous par des communications sur le site du colloque qui serait désormais dédié à cette fonction. Le but étant à la fois, de laisser toute sa liberté à chacun des mouvements et associations signataires, et d’éviter les prises de pouvoir si fréquentes dans ces situations et qui chaque fois nuisent à la pérennité des actions.
  • Sylvie Simon, journaliste, écrivain, auteur de très nombreux livres qui traitent de l’information médicale contradictoire par des enquêtes extrêmement fouillées.
  • Roselyne Morel, médecin homéopathe démissionnaire de l’ordre des médecin a présenté le résultat de ses recherches, le dossier “Réflexions sur la liberté thérapeutique” et la proposition de recherche juridique mise en place par le collectif d’avocats de CAP-LC.

Site perso

Site CAP-LC

  • Dominique Delaporte, naturopathe, initiatrice et présidente de REFORMED, un groupement européen pour le formation et la reconnaissance des médecines non conventionnelles.
  • Paul Lannoye a poursuivi sur la nécessité d’une action commune et solidaire. Il a apporté au débat sa connaissance du sujet et son regard réaliste.

Les débats ont tenté de faire émerger une dénomination, mais il ne semble pas souhaitable de créer un néologisme sans déposer la marque. L’idée est plus importante que le terme. Une unanimité s’est dessinée pour adhérer à un collectif d’action. Le texte du « manifeste pour les médecines écologiques » sera l’élément fédérateur du mouvement.

Le texte devra être finalisé dans les 15 jours.

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