Les mnc, alternatives ou complémentaires ?

 
  • vendredi 26 mai 2006.
  • La question de l’option alternative ou complémentaire constitue l’enjeu d’un débat essentiel, même s’il est déjà ancien. Le problème a déjà été soulevé à l’époque où on préférait parler de médecines douces ou parallèles. On moment de la première résolution du parlement européen pour réglementer ces pratiques thérapeutiques, Paul Lannoye et Isabelle Robard en évitant l’écueil de cette opposition, ont choisi l’appellation "médecines non conventionnelles". C’est donc pour l’instant, la seule dénomination en vigueur.

    Pourtant, le débat n’est pas clos. La commission santé a semble-t-il opté pour une vision complémentaire des mnc. Je dis "semble-t-il", car cela n’a jamais fait l’objet d’un débat affiché, et encore moins d’une décision votée.

    Avant d’aller plus loin dans le détail, je vais rappeler la position du groupe "médecine écologique" : « Pour cela, nous souhaitons promouvoir les médecines non conventionnelles en occident comme une alternative possible à la médecine actuelle qui repose essentiellement sur la chimie. Les médecines non conventionnelles constituent dans notre esprit une étape qui conduira la pensée médicale vers d’autres paradigmes fondamentalement écologistes. » Ce texte est extrait du programme du colloque et indique la philosophie qui justifie le pluralisme thérapeutique.

    La vision complémentaire suppose deux aspects, l’un de forme, de nature hiérarchique et l’autre de fond, de nature performante.


    En fin de compte, la prééminence d’une médecine devrait se faire sur l’évaluation. Or le principe actuel suppose que la médecine occidentale est non seulement la meilleure dans tous les domaines, même sur les maladies encore inconnues, mais encore qu’elle est la seule. Les opposants ou les faux partisans des mnc avance toujours l’argument de l’évaluation, préalable à la reconnaissance. A tout moment, et pour toutes les situations cliniques testées, on peut trouver trois situations :


    Maintenant, une question cruciale se pose. Pourquoi vouloir placer une pratique peu efficace dans une position complémentaire ? Cela n’a pas de sens. Sauf si la mnc n’est supposée avoir qu’une efficacité restreinte sur un domaine, ce qui serait le cas, si on considère l’effet analgésique de l’acuponcture. Cet effet ne plus aucun doute dans la communauté médicale, mais dans une stratégie de conservation du pouvoir, on peut choisir de ne valoriser que cet aspect alors que la médecine chinoise traditionnelle dont elle fait partie a un éventail de possibilité bien supérieur à cela. On le voit, la complémentarité est l’outil de la conservation du pouvoir.

    La référence à un traitement alternatif évoque l’idée d’une autre voie. Il ne s’agit pas de la possibilité de choisir en fonction des personnes ou des situations entre différentes pratiques médicales, mais bien de recourir à une autre démarche thérapeutique porteuse d’une véritable subversion. C’est la crainte de la démonstration qu’un autre paradigme thérapeutique est possible qui crispe le monde médical dans cette opposition.


    Pourquoi les Verts sont ils aussi frileux par rapport aux mnc ? L’autre question qui devrait même précéder est celle-ci : pour quelles raisons vouloir intégrer le pluralisme thérapeutique dans le programme et vouloir en même temps, être aussi restrictif dans son champ d’application ?

    Les réponses sont douloureuses pour les Verts français.

    Cet ensemble de causes font que les Verts français suscitent l’incompréhension de tous ceux qui comptent sur ce parti pour incarner une autre idée de la santé.

    Un article du site : Pour une médecine écologique
    http://www.medecine-ecologique.info/article.php3?id_article=39