Imbéciles ou voyous ?

 
  • jeudi 21 octobre 2021.
  • C’est une question qui animait les débats que j’ai longtemps eus avec Sylvie Simon . En effet, nous nous demandions souvent si les décisions qui étaient prises en matière de santé étaient le fait d’une méconnaissance ou d’une corruption. À ce propos, il faut entendre le mot corruption sous deux acceptions. D’une part, c’est le sens le plus souvent compris : celui d’un délit lié à l’acceptation d’argent ou d’avantages en contrepartie de mesures favorables au corrupteur. D’autre part, c’est aussi le sens qu’on donne à la corrosion d’un métal, notamment. Dans ce cas particulier, c’est l’esprit des personnes qui est corrompu de telle sorte que leur pensée est dévoyée et ne sait discerner le vrai du faux, le juste de l’injuste et, plus simplement, le bien du mal.

    Cet aspect du bien et du mal fait référence à une notion binaire souvent rejetée au nom de l’esprit de nuance. Pourtant, malgré une constatation binaire (il pleut ou il ne pleut pas), on peut envisager toute une variété d’état ; crachin, bruine, averse, pluie battante, etc. Devant ces différents cas, chacun décidera de prendre un parapluie ou non. Il s’agit bien d’une décision binaire qui ne sera jamais entre deux. Je ne vais pas prendre la moitié d’un parapluie ! Ce qui fait la différence, c’est la séparation que chacun fait et qui force sa décision. Sur un sujet plus grave : dans le film « I comme Icare », le moment où Yves Montand dit : « c’est intolérable », marque la frontière de l’inacceptable. Cette démarcation est fluctuante en fonction de l’état émotionnel de chacun ou d’une population, guidés par les circonstances, par un sentiment général ou par une propagande savamment orchestrée. Sinon, comment expliquer les millions de bras levés devant un dictateur ou l’assentiment d’un peuple face au « passe sanitaire » ?

    Pour revenir au point de départ de cette réflexion, j’avais écrit, marrainé par Sylvie Simon [1]. Elle a également publié des centaines d’articles dans plusieurs journaux concernant la santé et l’écologie. qui avait nourri ma démarche, un premier livre : « Pour une médecine écologique ». Dans cet ouvrage, j’avais comparé l’agriculture conventionnelle avec la médecine conventionnelle [2]. J’avais établi que l’une et l’autre présentaient les mêmes caractéristiques : pollutions, coûts démesurés et inefficacité relative. Cette démonstration était assez facile pour l’agriculture car les données étaient nombreuses et il commençait à exister un consensus autour de la nécessité d’une agriculture biologique réputée plus saine. La plus grosse difficulté était de faire admettre de si la productivité par agriculteur était plus forte en conventionnel, elle était plus faible dans un rapport à la surface cultivée. Les agriculteurs ne voyant que la baisse de rendement à la suite de ce changement de régime. Les agricultures paysannes dans le monde avaient démontré une plus grande productivité mais elles employaient beaucoup plus de personnes.

    Concernant la médecine, l’argument des coûts était facile à établir et celui des pollutions commençait à émerger et j’ai rapidement eu de nombreuses données à avancer. Par contre, concernant l’efficacité, même si les données ne manquaient pas pour qui voulaient les chercher, il était extrêmement difficile de convaincre de ce manque de performances. En effet, de nombreux indicateurs faisaient valoir un niveau de performances élevé : technicité des examens et des formes d’intervention, augmentation de l’espérance de vie, disparition d’un certain nombre de maladies, réussites majeures dans le domaine des urgences et notamment cardiaques. Pourtant, alors que les autorités médicales sont toujours très réticentes à établir un lien de causalité entre des pratiques médicales et des phénomènes sanitaires inquiétants, elles sont très promptes à valider ce lien avec la disparition de certaines maladies infectieuses et l’augmentation de l’espérance de vie.

    Néanmoins, on constate des signes inquiétants : des démences séniles et des troubles neurologiques toujours plus précoces et plus nombreux, des cancers en augmentation permanente, un nombre croissant de personnes en situation de handicap (un sur sept), de plus en plus de diabètes ou d’hypertensions, etc. De plus, non seulement l’espérance de vie n’augmente plus mais elle commence à diminuer et un autre indicateur est encore plus ennuyeux : celui de l’espérance de vie en bonne santé qui diminue pour se situer autour de 63 ans. Face à ce constat, et bien que de nombreux médecins l’admettent, ils ne remettent pas en cause leurs pratiques mais invoquent des causes environnementales. C’est le cas notamment du cancérologue, le professeur Belpomme. Dans une fuite en avant, il rejette la faute sur des causes externes tout en continuant de promouvoir les mêmes pratiques. Or les thérapeutiques médicales conventionnelles s’appuient sur des médicaments chimiques qui ont les mêmes caractéristiques que les toxiques qu’ils dénoncent. Ils sortent des mêmes industries, faits par les mêmes chimistes, avec les mêmes capitaux et reposent sur le même mode de pensée. Ce qui m’a fait considérer l’idée de « toxiques nobles », les médicaments et de « toxiques ignobles », les pesticides, les additifs alimentaires et tous les produits chimiques relargués dans l’environnement.

    Évidemment, ce sentiment salvateur de la médecine moderne est partagé par le plus grand nombre et c’est notamment sur la vaccination que celui-ci est le plus fort. La concomitance de la disparition de certaines maladies infectieuses et l’usage massif des vaccins conduit à une forte croyance d’efficacité. Pourtant, aucune étude n’a jamais pu démontrer cette efficacité, ce qui a été admis par Jean Michel Dubernard, député et professeur de médecine, dans un rapport sénatorial [3]. Mais la croyance est telle qu’il n’y a plus besoin de preuves et même l’accumulation des accidents vaccinaux associée à un manque d’efficacité flagrant ne remet pas en cause cet assentiment général [4]. La médecine est une sorte de « vache sacrée » qu’on ne doit jamais remettre en cause.

    Bien sûr, le monde médical est coupable mais son excuse est qu’il a été formé et, du coup, instrumentalisé par l’industrie pharmaceutique qui a financé ses études et sa formation professionnelle continue. Les journalistes aussi sont largement fautifs d’un cautionnement sans discernement, d’autant que la plupart des journalistes médicaux sont des médecins. Quant au public, confronté à une peur de la mort exacerbée, il ne veut aucune contestation qui mettrait en doute des choix dont il devrait assumer la responsabilité.

    Un autre exemple récent aurait dû mettre la puce à l’oreille tant du public que des journalistes dont le métier est de mettre les informations en perspective. Parmi tous les scandales sanitaires qui ont été oubliés pour faire place au dernier en date, celui du Médiator est emblématique. Un médecin qui prescrit ce médicament ne devrait en aucun cas ignorer qu’il s’agissait d’une amphétamine. Or on sait depuis 40 ans [5] que cette classe de médicament attaque les valves cardiaques. S’il l’ignore, c’est un incompétent et s’il le sait c’est plus grave encore.

    Le premier problème majeur de notre médecine est qu’elle ne s’intéresse qu’aux maladies et qu’elle ne sait rien de la santé. Pour quelque maladie que ce soit le médecin est bien incapable de définir le moment où la personne est guérie. Pour certaines maladies, cela n’arrive même jamais ! Pour les cancers, un malade n’est jamais guéri ; il est en rémission. Sauf pour les statistiques où un malade est guéri s’il survit 5 ans. Comme les diagnostics permettent des déclarations de plus en plus précoces, mécaniquement le nombre des guérisons augmente mais, paradoxalement, le nombre de décès ne cesse d’augmenter. Là encore, c’est un constat facile à faire, notamment pour des journalistes. De même, avec toutes les maladies chroniques, le patient n’est jamais guérit et doit prendre un traitement à vie. C’est une bénédiction pour l’industrie pharmaceutique qui lui garantit une clientèle captive. Comme en outre, la médecine modifie à la baisse les valeurs des indicateurs de bonne santé, cela impose des traitements à vie plus précoces et pour plus de personnes. Ce qui résout un aspect essentiel pour toute entreprise : vendre toujours plus à toujours plus de clients. La médecine devient un fournisseur de clients pour la pharmacie. Et comme cette consommation toujours plus abondante et plus précoce ne peut avoir que des effets délétères, cela donnera l’occasion de nouvelles prescriptions. Enfin le deuxième aspect important est la dissociation entre l’analyse des maladies et la démarche thérapeutique. Ces deux aspects sont dédiés à deux professions qui ne communiquent que peu. Les médecins ne savent rien des médicaments qu’ils utilisent. En tout cas, ils n’ont en aucun cas contribué à leur élaboration qui est du seul ressort des chimistes. En médecine traditionnelle, le médecin est aussi thérapeute car il a prodigué un soin ou construit une thérapeutique là où le médecin conventionnel à prescrit des analyses et des médicaments [6] Concernant le domaine des vaccinations, les médecins n’ont que très peu de connaissances dispensées sur une à deux demi-journées de cours. Cela donne juste le moyen d’annoncer les principes généraux et diffuser le calendrier vaccinal.

    Cette médecine ne sait tellement rien de la santé que c’est un sujet qui n’est pas étudié, ni d’un point de vue théorique ni sur les moyens de la maintenir. En effet, c’est un sujet sans aucune rentabilité car si les gens sont en meilleure santé, ils consomment moins de soins médicaux, ce qui est incompatible avec la logique de nos systèmes de soins. Avec Knock, on avait les « malades qui s’ignorent » et maintenant, avec la COVID, on a des « malades sans symptômes ». Cette invention est extraordinaire car il me semblait que l’état de bien-être général que l’OMS définit comme un état de bonne santé pouvait s’apparenter à une absence de symptômes.

    Pour conclure et avant de définir si les médecins, les politiques, les journalistes et finalement la population sont des voyous ou des imbéciles, il convient d’admettre que la généralisation est impossible. Néanmoins, je ne m’attacherai qu’au pouvoir de nuisance. Tant que les croyances ou les malhonnêtetés de chacun n’interfèrent pas sur la vie de tous, on peut considérer que c’est moins grave. On peut envisager la notion de capacité d’action. Individuellement, les citoyens peuvent penser ce qu’ils veulent, il y a assez peu d’impact mais dès lors qu’ils agissent collectivement pour accepter les mesures qu’on leur impose, dénoncer ceux qui ne les suivent pas ou qui les contestent, ou poussent les décideurs à encore plus de contraintes alors leur imbécilité devient nocive. Concernant la majorité des journalistes qui ont relayés sans discuter les chiffres et à soutenir les mesures gouvernementales, il est possible que certains aient été corrompus notamment à travers le financement des journaux qui les emploient mais il est tout aussi certain qu’un grand nombre d’entre eux aient validé sans réfléchir des informations qui auraient dû les alerter s’ils avaient les mis en perspective. Un seul exemple. Nous savons que le taux de fiabilité des tests est de 98%, ce qui fait 2% d’incertitude. Concrètement, cela veut dire qu’en dessous de 2 000 sur 100 000 de taux d’incidence, cela ne veut rien dire puisqu’on est dans le domaine d’incertitude du test. C’est le moment de se rappeler de nos professeurs de mathématiques qui nous demandait de vérifier l’ordre de grandeur d’un résultat afin de vérifier, par exemple, qu’on ne ‘était pas trompé d’unité. Si on devait trouver le poids d’une personne et que l’on trouve deux tonnes, c’est sans doute qu’on a fait une erreur. Donc quand on annonce un chiffre d’incidence « effrayant » de 200 pour 100 000, on est dans une valeur dix fois inférieure à l’incertitude. Ce taux peut même doubler ou tripler sans qu’il y ait de motif à s’alarmer sauf à vouloir affoler le public avec une augmentation exponentielle. Je suis maintenant convaincu que qu’à tous les niveaux de personnes en capacité de décider ou d’influencer, on a la même proportion d’imbéciles ou de voyous.

    [1Sylvie Simon est l’autrice de nombreux essais dans lesquels elle prend position sur des sujets de société, en particulier la controverse sur la vaccination, prônant les valeurs de la médecine alternative qu’elle oppose aux intérêts de l’industrie pharmaceutique et à ce qu’elle appelle « l’engrenage mortel de la société de consommation »

    [2La médecine « conventionnelle » s’appuie sur des traitements qui ont toujours obtenu une validation scientifique, soit par des essais cliniques, soit parce qu’ils bénéficient d’un consensus professionnel fort. Les essais cliniques sont soumis à des autorisations et à des contrôles rigoureux sur le plan de l’éthique, des conditions de réalisation et de la pertinence scientifique, Les consensus professionnels, quant à eux, sont obtenus après plusieurs années de recul, avec l’accord et l’expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée. Les conditions d’utilisation des techniques y sont définies avec précision. En s’appuyant sur cette méthodologie rigoureuse, l’efficacité de la médecine conventionnelle est prouvée.
    Ce terme fait également référence aux médecines non conventionnelles, terme établi par Me Isabelle Robard et Paul Lannoye (député européen et rapporteur du projet) pour le projet de résolution sur les médecines non conventionnelles finalement adoptée en 1997. (A4-1997-0075).

    [3http://www.senat.fr/rap/r06-476/r06-476_mono.html, « Vaccins : convaincre et innover pour mieux protéger »
    Dans le compte-rendu de la réunion du mercredi 6 juin 2007, on trouve cet échange édifiant qui a un peu échappé à tout le monde.
    M. Eric Guez a considéré que la défiance à l’égard du vaccin relève, en France, d’un manque de confiance dans les résultats.
    Le président Jean-Michel Dubernard, député, en a convenu, rappelant qu’il n’existe pas de preuve scientifique sur l’utilité des vaccins.

    [4La situation face au « vaccins COVID » est exemplaire.

    [5Mort de Tom Simpson le 13 juillet 1967.

    [6« La médecine consiste à mettre des drogues qu’on ne connaît pas dans des corps qu’on connaît encore moins. » Voltaire.

    Un article du site : Pour une médecine écologique
    http://www.medecine-ecologique.info/article.php3?id_article=278