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Du comportement

mardi 6 décembre 2022 , par Jacques Duranson


Ce qui suit ne constitue nullement une leçon (bien prétentieux qui pourrait y prétendre) mais plutôt l’exposé d’une thèse qui, si elle devait être exacte, pourrait peut-être s’avérer utile, au moins dans certains cas.

1 - Pourquoi s’intéresser plus particulièrement au comportement ?

On s’intéresse au comportement dès lors que l’on porte plus l’accent sur les hommes que sur les structures, dès lors aussi qu’on a l’intuition que nombre de problèmes sont induits par un comportement inadéquat.

Les structures étant de surcroît conçues, réalisées et conduites pour les hommes, les résultats qu’elles permettent d’obtenir sont influencés de façon majeure par le comportement de ceux-ci.

Le comportement est a la base de la vie (comment exister si on devait négliger de s’alimenter par exemple) c’est donc un point tout à fait essentiel. Ce qui nous intéresse ici est cependant moins le comportement « réflexe » que celui conduisant à une relation avec quelque chose, notamment avec les autres. Plus particulièrement, le comportement qui nous intéresse est le comportement soumis à nos vouloirs.

Comment déterminer le comportement convenable ? Existe-t-il un parangon de comportement ? Si tel était le cas serait-il applicable à chacun ?
Pour tenter de répondre à ces questions on ressent le besoin de se doter d’un référentiel.

On peut distinguer sommairement six sortes de relations.

1.1. Les relations :

  • avec soi-même (c’est une relation permanente ; cette caractéristique évidente est importante de ce fait),
  • avec sa famille (lien d’engendrement. relation en rapport avec l’inné ),
  • avec ses amis (relation en rapport avec l’acquis et l’affinité).
  • avec son entreprise ou plus généralement dans le contexte et l’environnement de toute action à visée existentielle (relation en partie choisie),
  • avec la société (relation en partie subie dans certains cas),
  • avec l’écosystème.

La nature comme la qualité des relations, à chacun de ces niveaux, présentent une réelle importance socioculturelle.

  • Comment pourraient-elles être durables et sereines, si on ne sait pas soi-même déterminer quel est le comportement le plus adéquat à tout instant ?
  • Comment déterminer le comportement adéquat si on ne connaît pas les bases de son mécanisme ?

C’est à dire si on ne connaît pas les bases de la vie.

La recherche d’un référentiel comportemental parait donc bien passer par la connaissance des règles du jeu, c’est-à-dire des règles qui sous tendent notre existence. D’ailleurs une partie de notre comportement relève directement d’une soumission stricte à ces règles sans que nous en ayons le choix, sans même que nous en ayons conscience (par exemple la règle des cycles implique les pulsations cardiaques, le cycle respiratoire, le cycle du sommeil, etc.).

On peut concevoir qu’en adoptant un comportement conforme, la justice répressive devient inutile. C’est l’auto contrôle qui prévaut.

Cette attitude devrait être privilégiée systématiquement. A quoi servirait-il de concevoir des lois si elles ne devaient pas être appliquée, car mal acceptée ? Si chacun devait s’attacher à les contourner à des degrés divers, on finirait par passer plus de temps à exercer une surveillance qu’à progresser.

En matière de compartiment il semblerait qu’on soit toujours fondé à se poser la question suivante :

« l’attitude adoptée s’inscrit-elle réellement dans une mouvance réversible, dans une dynamique autour d’une zone d :équilibre vers laquelle on sera toujours rappelé doucement, ou, au contraire, introduit-elle une dérive dont on ne perçoit pas clairement les limites élastiques, ce qui pourrait conduire inéluctablement à subir un choc du à la rupture de cet équilibre ? »

Lorsqu’on s’interroge sur une action accomplie ou à venir on doit se rappeler que si les règles sont respectées la résultante est naturellement équilibrée. Si tel est le cas, le système obtenu est durablement stable, même des actions peu appropriées pourront revenir à l’équilibre tolérable sans créer trop de dommages ; sinon on introduit une dérive dont on ne pourra sortir qu’avec des souffrances.

Cette question sur l’existence d’une limite d’équilibre « naturelle » est très importante.

Malheureusement l’être humain est imparfait, et il ne peut pas ne pas commettre des fautes. On est donc obligé malgré tout de prévoir des correctifs qui peuvent s’étager depuis le simple encouragement à mieux faire, en passant par le rappel incitatif, jusqu’à aboutir à des actions coercitives appliquées avec fermeté lorsqu’elles s’imposent, notamment lorsque la conduite peut occasionner des dommages à autrui.

Lorsque la bonté prévaut, lorsque la compréhension est, la base de la relation, lorsque le pardon reste possible s’appuyant sur une volonté sincère et soutenue de correction, une justice ferme mais juste est naturellement acceptée. La fermeté ne peut d’ailleurs durablement s’exercer hors de ces prémices.

Une justice équitable se doit d’être inégalitaire : elle doit être plus sévère pour ceux qui ont une position en vue ou pour ceux qui ont des moyens d’action ou d’expression étendus. Une société se gère d’abord par l’exemple, et non par la terreur ou par le laisser-faire.

2- De la source des choses

Déterminer le comportement convenable pourrait s’appuyer sur la connaissance (ou réputée telle) de la source des choses, sur la cause de l’existence, sur le mécanisme de la vie et de la mort, sur l’objectif assigné et sur les moyens propres à l’atteindre.

2.1. La cause de l’existence

Le système dans lequel nous vivons est basé sur l’absence d’exclusion. Cette absence d’exclusion, impose que du constituant originel émerge le « Manifesté ». C’est très schématiquement, la cause de la vie au sens commun.

Commentaire

Il sort tout à tait du cadre de cet exposé de justifier ces éléments, A ce stade le lecteur devra donc admettre ces affirmations et réserver son jugement aux conclusions : lui paraissent-elles conformes ou contraires à ses observations, à son vécu ?

Le « Constituant Originel » est imperceptible, indescriptible, il échappe à toute mesure, il est impalpable. Parce que les choses naissent de lui, on peut dire, en schématisant, qu’il est potentiel.

Le « Manifesté » est le monde qui nous est pour partie familier. C’est un monde observable, tangible ; on peut réaliser des mesures très diverses le concernant ; on peut le quantifier, le modifier, agir dessus.

Lorsque le « Manifesté » est exprimé, ces deux mondes s’opposent l’un à l’autre.
Si le « Constituant Originel » restait en l’état, sans connaître aucun changement, il y aurait exclusion de l’autre monde, du monde « Manifesté ». C’est pourquoi le « Constituant Originel » engendre le Manifesté. Ainsi le « Potentialisé » n’exclut pas le « Manifesté »

Pour percevoir en quoi cette différence entre « Potentialité » et « Manifesté » impacte notre vie, on peut penser aux sentiments qui se rapprochent, eux, du « Potentialisé » et qui contribuent largement à la gouverner, par rapport au corps fait de chair et de sang qui se rapproche, lui, du « Manifesté », sur lequel on peut agir facilement.

S’il est malheureusement facile de tuer quelqu’un, il est fort difficile de modifier rapidement un sentiment. Ainsi la haine peut naître très vite et durer longtemps.

2.2. la cause de la mort

Le « manifesté » reste soumis à la règle relative à l’absence d’exclusion, il lui faut donc revenir au « Potentiel ». C’est la cause de la mort également prise ici au sens commun.

2.3. L’objectif assigné

Il se trouve que le passage du « Potentiel » au « Manifesté » introduit nécessairement une dégradation. C’est par exemple le cas du vieillissement car cette dégradation, qui porte sur toutes les évolutions de cette nature, s’applique également au Temps : le passé est « potentiel », il en reste le souvenir (ou pendant quelques temps des traces) ; le futur est inéluctablement en passe de devenir « manifesté ». C’est pourquoi cette avancée permanente vers le manifesté, qui s’accompagne d’une dégradation, impose le vieillissement.

Ce passage, cette dégradation, introduit par conséquent l’apparition d’erreurs qui, traduites en termes d’être vivants, provoquent la présence de défauts (c’est pourquoi il est impossible de trouver une manifestation exempte de défauts).

Le retour du « Manifesté » au « Potentialisé » étant inévitable, il ne peut se passer dans de bonnes conditions que si les défauts ont été suffisamment corrigés.

L’objectif de l’existence est donc clair : il faut, coûte que coûte corriger ses défauts. De cet énoncé, il découle que tout autre objectif semblerait être accessoire.

2.4. Les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir

Les moyens à mettre en œuvre s’en déduisent très simplement : la correction d’erreurs, de défauts, de penchants, de désirs doit être étalé dans le temps. C’est un acte volontaire, dynamique, patient, impliquant un choix de comportement.

Sans nul doute la voie à suivre parait être celle de l’effort élevé à la hauteur, d’un mode de vie, mesuré, progressif et continu.

Remarque

Il convient de se garder des excès : le goût de l’effort ne doit pas aller jusqu’à la démesure. Il ne faut pas non plus rechercher la perfection : essayer réellement de faire mieux est bien suffisant.

3- Les défauts

  • Ainsi qu’il vient d’être dit, le but même de la vie est d’effacer ses défauts.
  • Les effacer c’est d’abord les connaître et les identifier (il est utile aussi de connaître ses capacités car elles sont un puissant moyen d’action dans le combat qu’il faut mener).
  • Le problème vient de la perception plus ou moins forte que l’on peut avoir de ses défauts.
  • Il faut savoir que plus un défaut est profond plus il est dangereux, car c’est là qu’il est le moins perçu, c’est là qu’il peut le mieux agir à sa guise.
  • Les défauts sont réellement très actifs. Ce sont eux nos vrais ennemis, il ne faut donc pas se tromper d’objectif.

Commentaire

C’est leur nature même, rattachée aux propriétés du manifesté, puisque les défauts naissent de l’émergence du manifesté qui leur confère cette activité.
Lorsqu’ils se situent au niveau de l’inconscient, ils sont excessivement dangereux, mais heureusement, ils n’y sont pas trop actifs. Placés au niveau du subconscient ils sont très dangereux et très actifs. Au niveau du conscient ils sont gênants et agités mais ils obéissent moins à une logique propre, ce qui désagrège leur cohérence et contribue à diminuer leur nocivité.

Les défauts déforment à leur profit les informations recueillies qui pourraient conduire leur hôte à lutter contre eux parce que, même si l’intéressé l’ignore, les défauts savent bien, eux, qu’ils jouent leur survie.

Commentaire

Comme toutes les choses de nature manifestée, ils ont peur de la mort, ce qui accroît leur activité ; d’autre part du fait même qu’ils sont manifestés dont l’une des propriétés est de cloisonner, ils sont indépendants et échappent donc à la volonté de l’hôte. Ils vont même plus loin : ils se substituent à sa volonté. C’est d’ailleurs ce qui explique l’existence éventuelle de remords.
Tout leur est bon : effacement mémoire sélectif, diminution de la crédibilité de l’information ou de sa source, prétextes divers pour ne pas faire à l’instant présent l’action salutaire.

Commentaire

Celte action de toute façon doit être répétée de multiples fois car on ne détruit pas en une seule fois les défauts, on les use ; en effet, de nature manifesté mais d’essence potentielle, les défauts suivent la courbe d’évolution propre au potentialisé dont la décroissance est lente. Il est d’ailleurs très bien qu’il en soit ainsi car le passage du manifesté au potentialisé se fait dans la rupture. En y mettant le temps et en y apportant la répétition on atténue la force de cette rupture.

Si le défaut est subconscient, a fortiori inconscient, les moyens qu’il met en œuvre sont d’un très haut degré de subtilité au point de parvenir, en toute bonne foi, à échapper à la perspicacité de leur hôte.

Heureusement, une fois averti on détecte mieux leurs stratagèmes.
En même temps, ils sont à coup sur curables puisque étant de nature manifestée, le Manifesté restant in fine soumis au Potentialisé (lui-même exempt de défaut), les défauts finissent toujours, tôt ou tard, par être corrigés ; d’autant que dans le Manifesté tout a une durée de vie limitée.
Alors, autant commencer tout de suite pour s’épargner des souffrances qui auraient pu être évitées.

Les défauts sont de nature manifestée, par conséquent, ils séparent (sauf lorsqu’ils sont trop importants, auquel cas, mettant en œuvre un mécanisme particulier, ils peuvent même réunir, c’est par exemple la situation rencontrée dans les associations de malfaiteurs).

Les défauts étant de nature manifestée, ils sont quelque part « externes ». C’est pourquoi il est utile de recevoir une aide de l’extérieur pour connaître ses défauts : ils sont en effet plus faciles à percevoir par un autre que par Soi.
Encore faut-il que la démarche soit noble et menée dans le souci de ne pas nuire.

On distingue trois niveaux :

3.1. Inconscient

Il est, semble-t-il, tout à fait inutile de vouloir signaler à l’hôte l’existence du défaut que l’on suppose avoir découvert (il faut se rappeler que l’on est soi-même faillible et que la démarche est censée apporter une aide et, tout le moins, ne pas nuire, or la pénétration d’une information suit une voie de nature manifestée et l’émergence brutale d’un défaut suit une voie de nature potentielle, on peut donc être confronté à une dégradation ou à une rupture, cela peut faire terriblement souffrir ou même être profondément déstructurant pour la personne).

3.2. Subconscient

Lui-même se partage en deux sous-niveaux

  • Si le défaut est dans une situation de non perception permanente (cloisonnement dû au manifesté, nature même d’un défaut quel qu’il soit).
    Comme dans le cas précédent, il est inutile de parler du défaut ( d’autant qu’étant caché sa mise en lumière au niveau d’un observateur extérieur n’est pas chose aisée, même si elle est plus facile pour lui que pour l’hôte, et qu’il convient de ne pas se tromper alors même que les propres défauts de l’observateur peuvent colorer sa perception).

Parler du défaut augmenterait son activité, il y aurait déformation, voire rejet ou même rupture [le passage du manifesté (l’ignorance) au potentialisé (la connaissance) se fait en effet nécessairement par une rupture ; dans le manifesté les connaissances que l’on accumule sont plus relatives à la forme des choses qu’à leur source, lorsqu’on pousse cette sorte de connaissance trop loin on se coupe des racines].

  • Si le défaut est dans une situation de perçu intermittent, au moment du perçu on peut tenter, avec beaucoup de ménagement et de délicatesse pour éviter de faire inutilement souffrir, d’aborder le sujet.

3.3. Conscient

Lui aussi est, semble-t-il, partagé en deux sous-niveaux :

  • Le défaut est dans une situation d’absence de souffrance (la perception n’est pas suffisamment forte pour que l’on souffre réellement soi-même, il provoque tout au plus confusément un sentiment de gêne.

On peut aider à la prise de conscience des dommages occasionnés par l’existence du défaut contre l’hôte mais aussi contre son entourage.

  • Le défaut est maintenant suffisamment perçu pour provoquer des souffrances (le plus dur du chemin est fait, pourtant tout reste à faire ; c’est comme un déchet nocif, qu’on remonte à la surface, il reste encore à le détruire sans provoquer de pollution).

On peut aider à la conversion du défaut par des encouragements à persévérer, à progresser, à maintenir une volonté soutenue d’efforts car on doit absolument aboutir à son éradication complète pour pouvoir revenir définitivement au potentialisé, à l’hyperespace qui sous-tend notre monde manifesté.

Il faut faire opiniâtrement son devoir, en matière de correction des défauts, car lorsqu’on ne fait pas son devoir, que fait-on donc ? Que fait-on de sa vie ?
Il faut aussi accepter ses propres défauts, il faut s’accepter tel que l’on est.
Un défaut profond est le plus souvent ignoré et lorsqu’il apparaît, on se cherche facilement des excuses. C’est mauvais, il faut avoir le courage de se regarder en face, sans chercher de faux-fuyant.

L’un des critères les plus surs pour déceler la présence d’un défaut profond est d’observer que l’hôte écarte très systématiquement toute remise en cause personnelle si minime soit-elle.

Pratiquement on peut considérer qu’on peut tout dire à quelqu’un pourvu que la démarche soit réellement basée sur l’amour (ce concept se déduit des fondements même du Système qui n’exclut aucune chose) et menée dans le souci permanent de ne pas nuire, de ne pas rechercher un profit personnel ni même paraître avoir apporté une aide. Toute relation, menée dans cette perspective, qui s’appuierait sur une simulation ou sur une hypocrisie, serait inéluctablement vouée à un cuisant échec…

L’amour, de nature fondamentalement potentielle, traverse les écrans tissés par le manifesté et pénètre jusqu’au plus profond de l’interlocuteur. Lorsque l’amour n’est pas feint, il est fort bien perçu par l’interne de l’intéressé. Il a alors l’intuition vraie que l’on parle pour son bien. Il est, dès lors, très rare que quelqu’un refuse une aide pour lutter contre un ennemi personnel.

Commentaire

(sur la différence entre l’essence et la nature des choses)
On pourrait croire, par une approche quelque peu sommaire, qu’un défaut devrait être manifesté dès le début puisqu’il est manifesté par nature. Or, il se trouve qu’il ne se manifeste pas directement à l’état natif et que sa virulence décroît lorsqu’il se révèle.

Pourquoi ?

De nature manifestée les défauts sont cependant d’essence potentielle (c’est ce qui leur confère leur grande résistance à toute correction). En effet, les défauts sont très fondamentalement issus des bases mêmes du Système (en cela ils sont semblables au Temps). Au début de leur manifestation ils sont donc très proches du potentiel, par conséquent très faiblement perceptibles. Lorsque au fil du temps, leur essence potentielle diminue (ce qui est naturel puisque si dans l’absolu le potentiel à la durée, dans le Manifesté, lorsque les règles sont respectées, sa durée est moindre que celle du manifesté), leur nature manifestée se révèle.

Alors, parce qu’il est relativement facile d’agir sur les choses manifestées, il devient alors possible de corriger les défauts.

Application aux défauts « acquis »

On s’intéresse aux défauts susceptibles d’apporter une nuisance soit à soi-même soit aux autres. De sorte que sont écartés de cette analyse les défauts structurels, palpables tels que les défauts de la vue par exemple car leurs effets, mesurables, sont beaucoup moins puissants que les effets des défauts non observables directement et qui, eux, peuvent aisément altérer le comportement.

Les défauts structurels peuvent, certes, apporter certaines restrictions, par exemple dans l’exercice d’un métier, mais se sont des problèmes relativement faciles à cerner, sinon à accepter.

On va traiter du cas d’un éthylique, c’est un cas intermédiaire entre un fumeur invétéré et un toxicomane mais les processus sont analogues.

La première fois qu’il boit, il le fait pour diverses raisons, mais le geste est indubitablement conscient. Il pense simplement qu’il ne le fera qu’une fois, qu’il s’agit d’une passade, qu’il s’arrêtera quand il le voudra.

A ce niveau, l’erreur qu’il commet est de faire le choix du moindre effort en oubliant la règle primordiale. Il lui est en effet plus facile de lever le coude que de ne pas le faire, alors que la première fois il avait le choix et qu’à ce moment l’effort à faire était proportionnellement faible comparé à celui qu’il aura à accomplir longtemps après lorsque le défaut aura pris racine.

Ceci est vrai à tout moment de notre vie : on a naturellement tendance à contourner les efforts qu’il faudrait accomplir sur l’instant parce qu’on ne perçoit pas clairement à quel point le fait de repousser cet effort dans le futur le rendra plus difficile, plus pesant voir définitivement insurmontable.

C’est lorsqu’on a pris conscience de cette dure réalité qu’on accepte le plus facilement de prendre pour mode de vie celui qui conduit à accomplir sur le champ les efforts résultant d’un choix de comportement, sans jamais se trouver de bonnes excuses pour les contourner. Ce contournement est toujours le plus mauvais choix. En choisissant l’effort immédiat, on suit la voie à effort minimal et à dommage minimal. Il n’est cependant pas possible de trouver un cheminement sans dommage et sans effort, c’est une impossibilité absolue.

Revenons à notre éthylique. La première fois le geste est complètement conscient et il lui serait encore facile de s’arrêter, cependant pour diverses raisons, il continue et c’est cette réitération qui va lui être particulièrement funeste : de conscient, le geste, le désir, le besoin va peu à peu s’enfoncer dans le subconscient. Le futur éthylique procède exactement comme avec un clou que l’on enfonce, à la fin il est solidement accroché, on ne peut plus le retirer facilement (à supposer même si on en éprouve l’envie) ; il faut prendre des outils.

Ancré dans le subconscient le défaut va développer une vie propre et cette vie se développe au détriment de l’hôte, en parasite qui ronge.

Pourtant, parce qu’il s’agit d’un défaut acquis, il est plus facile de s’en débarrasser que d’un défaut inné, c’est, malgré tout, selon le degré d’enfoncement très difficile.

C’est là qu’on peut mesurer à quel point il faut être compréhensif pour les défauts des autres. D’une part on sait qu’il leur est difficile de s’en défaire, d’autre part on a soi-même des défauts.

On ne peut avoir l’exigence du succès dans l’éradication des défauts, par contre on peut avoir l’exigence l’opiniâtreté dans l’effort à accomplir.
Débusquer les défauts n’est pas un travail facile, il ne se fait pas tout seul, il faut avoir la ferme volonté de mener cette quête pour espérer la voir aboutir, il faut s’interroger réellement pour bien faire apparaître les mobiles profonds d’un désir ou d’une action, il faut être ouvert.

3.4. Dans la lutte contre un défaut, il faut :

  • être convaincu de son existence et de la nuisance qu’il ne manque pas d’occasionner,
  • être déterminé dans le combat à mener sans relâche, être déterminé à le mener chaque jour (l’interruption dans le processus salvateur est funeste car elle introduit une discontinuité et les discontinuités appartiennent aux propriétés de nature manifestée), mais c’est un combat d’usure, quasi non violent, il n’est pas conduit avec fracas (ce qui relèverait à nouveau des propriétés manifestées et qui, par conséquent, irait ici dans le même sens que le défaut), il faut aussi garder l’esprit en éveil pour discerner assez tôt toutes les situations dans lesquelles nos réponses sont dictées par un défaut,
  • être patient, très patient, accepter les rechutes (on ne passe pas de l’enfance à l’adolescence sans d’abord tomber ni sans se relever), s’accepter tel qu’on est et ne jamais se décourager. C’est un combat qui peut s’étaler sur des années d’abord pour faire remonter le défaut au niveau du conscient, pour l’éradiquer ensuite.

Au départ, le plus important est d’arriver à se convaincre de l’absolue nécessité d’engager une lutte à mort contre le défaut, pour y parvenir, l’un des moyens consiste à procéder comme pour son enfoncement dans le subconscient : par itération (on met ainsi en œuvre l’une des propriétés du temps).

Tous les jours, à la même heure (par exemple au moment de la toilette ou au moment du coucher) on se pose ce type de question : « ai-je un ennemi ? » Réponse, qui doit progressivement venir de l’intérieur de soi même et non du cerveau : « oui j’ai un ennemi, il est interne et mortel ». Le fait de reconnaître que l’ennemi est interne permet d’éviter le plus possible les faux fuyants, les fausses raisons, les faux arguments : il faut se remettre en cause soi-même, rien que soi-même.

Pour se convaincre qu’il s’agit bien d’un ennemi mortel, il n’est peut-être pas inutile de se rappeler que l’éthylisme conduit le plus souvent à la mort en s’attaquant d’abord au foie. Cet ennemi peut aussi être mortel pour les autres lorsqu’il amène un homme sous l’emprise de la boisson à conduire et à tuer d’autres usagers de la route. Le but même d’un défaut est d’occasionner des troubles, de nuire. Tout lui est bon, tous les théâtres d’opération lui conviennent : la famille, les amis, l’emploi ; il détruit tout.

Mettre en œuvre cette procédure itérative vise d’abord à atteindre la conviction de la nécessité de l’action. Elle permet ensuite d’asseoir sur des bases solides les thérapies adjuvantes. Sinon le défaut a beaucoup de facilités pour provoquer une rechute (c’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi certains fumeurs arrivent à s’arrêter et d’autres pas, ils ont la conviction et une force de caractère suffisante).

Un autre moyen pour lutter contre les défauts est de s’interroger au moment d’une action sur la validité, la légitimité de celle-ci. Puisque les défauts nous font agir, le plus souvent, à notre insu dans le sens qui les favorise, on doit se demander si l’action que l’on se prépare à accomplir est bien fondée, si elle est altruiste, si elle ne répond pas en réalité à un besoin fabriqué, illusoire, si elle présente une réelle utilité.

Il faut cependant se méfier de la réponse.

Les défauts sont tout à fait capables d’apporter toute une série de raisons apparemment convaincantes. Ainsi quelqu’un d’orgueilleux trouvera toujours un motif pour faire connaître ce qui le distingue. Il est nécessaire de s’interroger véritablement, d’aller très au fond du sujet, d’aller au-delà de l’apparence trompeuse même si c’est douloureux.

En général, lorsque une action est dictée par un défaut, ce type d’interrogation apporte des réponses multiples, lorsqu’on touche à. la cause profonde la réponse est le plus souvent unique.

Peut-être faut-il éclairer d’un exemple les distorsions actives introduites par un défaut au niveau même des pensées inconscientes que l’on croit pourtant conserver sous contrôle : ayant engagé la conversation sur ce sujet avec une personne, sous dépendance alcoolique, susceptible d’en tirer parti et l’informant du constat que son défaut commençait à présenter des caractéristiques d’enfoncement au niveau du subconscient, elle m’a dit, en reprenant ce qu’elle croyait être les termes de notre conversation, qu’elle ne commettait aucun excès.

C’est le type même du faux-fuyant permettant d’éluder le problème, d’éviter même d’en parler. C’est aussi le type même d’argument visant à décrédibiliser la source (je n’avais jamais pas fait allusion à un quelconque excès) car présentée comme outrancière.

Cette personne a alors déclarée que nombre de ses collègues en faisait tout autant à nouveau pour éluder le problème, Ce n’est pas le cerveau conscient qui pense ici librement mais bien les arguments apportés, les écrans tissés par le défaut pour assurer sa pérennité, qui s’expriment.

Le lendemain j’ai revu cette personne pour lui demander ce qu’elle avait retenu, sachant bien à quoi on pouvait s’attendre. Elle a pu retrouver la nécessité d’être convaincue, celle d’être patiente, mais elle a déformé « déterminé » en persévérant (ce filtre introduit par le défaut le met à l’abri : « persévérant » suppose la répétition d’une action sur la base d’une stratégie établie, si la stratégie n’a pas été dressée l’action ne peut pas s’engager et le défaut se trouve ainsi protégé ; alors que « déterminé » est beaucoup plus tourné vers l’action). Le défaut était même allé plus loin en prenant bien soin d’effacer de sa mémoire toute la mécanique des causes qui aurait permis à l’hôte d’engager le processus pouvant conduire à un changement d’attitude. Ici la transformation de l’information n’était plus suffisante car le reliquat non transformé aurait encore constitué un réel danger pour le défaut. Il lui fallait donc bien effacer complètement la mécanique des causes de la mémoire de l’hôte.

Il y a lieu cependant de faire une mise en garde : la mise en lumière, sans précaution d’un défaut peut s’avérer assez déstructurante pour la personne. Les réactions endogènes ou exogènes peuvent alors être violentes, il faut être très prudent.

Incidemment, tout ceci donne l’occasion d’aborder la question suivante : « l’homme est-il coupable ou simplement responsable ? ». Pour tenter d’y répondre il faut placer l’homme en perspective :

  • il n’est en rien responsable de l’ordre souverain auquel il est soumis.
  • il est par contre totalement responsable de ses actes toutes les fois qu’il aurait pu exercer un choix différent, moins nuisible, moins préjudiciable.
    Le comportement n’est pas altéré seulement par les défauts, il peut l’être aussi par les émotions.

L’être humain ne peut pas vivre sans émotions. Mais il en est de nocives, comment les distinguer ? (comment les évacuer pour éviter qu’elles n’entraînent une multitude de dommages physiologiques ou psychologiques).

4- Les émotions, comment éviter leurs dommages ?

Les émotions bénéfiques à la vie sont des émotions douces, ressenties comme agréables. Les émotions toxiques sont les émotions violentes ou alors des émotions de longue durée (par exemple une anxiété constante).

Dans tous les cas, il convient, vis à vis de soi-même, d’être détendu, et pour les autres, d’adopter une attitude d’apaisement. Il s’agit là d’attitudes actives.
Pour éviter les dommages qui peuvent être occasionnés par les émotions on peut tenter de se poser quelques questions, telles que celles-ci :

4.1. La première question à se poser est relative à l’importance de l’événement.

Est il en rapport avec l’objet même de la vie ? Telle est la question primordiale, si ce n’est pas le cas, il ne faut plus du tout s’en occuper, il faut oublier.

A quoi peut-il servir de passer du temps sur des choses qui ne sont pas essentielles ? Comment pourrait-on être perturbé par des questions sans objet ? C’est ensuite une notion de degré (on ne peut pas passer sa vie seulement sur les choses primordiales), mais se poser cette question donne de bonnes bases d’apaisement.

4.2. La deuxième question est : « puis-je avoir une action dessus ? ».

Si ce n’est pas possible, il faut l’accepter quitte à se reposer cette question de temps à autre). Il faut cultiver la faculté d’accepter l’inévitable et de s’en accommoder (par exemple être estropié par un accident). Il faut trouver la solution permettant de composer avec le problème, de vivre avec (quand tout va bien « faire face » quand le fond parait atteint « faire avec »), il faut développer ses qualités d’adaptation. Trop souvent on vit dans l’imaginaire d’un mieux-être inaccessible. Les conditions extérieures sont ce qu’elles sont, on ne peut , pas exiger, d’un coup de baguette magique de les transformer à son profit, il faut d’abord commencer par retrousser ses manches et agir soi-même. nul ne le fera à notre place.

Il n’a jamais été dit, qu’il était important d’être riche (il suffit de pouvoir vivre décemment, avec dignité), ni qu’il était important d’être beau (être beau amène parfois une certaine fatuité).

Par contre il est important d’être en bonne santé mais la encore c’est le comportement choisi qui aide ou qui nuit à l’atteinte de cet objectif ; en tout cas ce n’est certainement pas une attitude passive, la santé n’est pas un du.
A quoi cela pourrait-il servir de regretter sans cesse quelque chose sur lequel on ne peut rien ? Il faut éviter de ressasser un problème, si on ne peut pas déboucher sur une action (ressasser une rancœur, par exemple, est hautement toxique et peut conduire à des maladies graves).

Si on a accompli une action dont on n’est pas fier, il est positif de se placer dans des conditions permettant de ne plus recommencer ou au moins de le tenter, plutôt que de geindre sur le lait versé.

4.3. La troisième question à se poser prend le Temps en référence :

« Quelle importance aura cet événement dans une semaine. dans un mois, dans un an. Au-delà ? »

Lorsqu’on se pose ce type de question on s’aperçoit qu’il est très facile d’éviter de se polluer la vie avec des problèmes accessoires. Peu nombreux sont les problèmes qui méritent réellement notre attention.

D’autre part en se préoccupant de l’essentiel, l’efficacité de l’action est accrue, ce qui est utile pour corriger les choses sur lesquels on peut réellement avoir une action.

Il faut savoir aussi que certaines émotions peuvent être suscitées par des facteurs physiologiques. Celui qui est facilement irrité, qui se met facilement en colère, celui qui s’inquiète facilement, etc., peut s’interroger sur cette éventualité pour tenter d’y porter remède par une thérapie appropriée. Une maladie peut donc modifier le comportement.

Il faut savoir également que les hommes et les femmes ne sont pas sujets au même type d’émotion, par exemple une femme aura plus facilement tendance qu’un homme à l’intériorisation, à ressasser, à être jalouse. L’âge aussi doit être pris en considération, de même que le vécu (la position sociale rend plus facilement sensible à telle ou telle émotion). Ce sont des facteurs dont il faut tenir compte.

Il convient encore de se défier de l’analyse purement intellectuelle des problèmes. La sensiblerie intellectuelle affichée par certains n’est rien d’autre qu’un paravent pour masquer leur égoïsme, lequel les conduit le plus souvent à ne rien changer, ou pour masquer leur incapacité à agir efficacement. La sensiblerie peut aussi être induite par un état de déficience, de fragilité.

Il faut doublement se défier des analyses étroitement intellectuelles, d’une part trop fréquemment l’intelligence dessèche le cœur (certes, c’est un lieu commun mais on l’oublie trop souvent), d’autre part, elles font très facilement perdre le vrai sens du concret, de la mesure.

Il existe aussi des émotions suscitées par des doutes existentiels ou métaphysiques. Ce qui a été dit permet d’évacuer une crainte éventuelle sur la vie autant que sur la mort : ce sont des phénomènes fondamentalement naturels, il n’y a donc pas lieu de s’en soucier outre mesure.

Autre cas de figure : souhaiter ardemment réussir dans une entreprise honorable et y mettre tout son cœur est justifié, cependant, puisque la seule réelle obligation est de corriger ses défauts, atteindre le succès dans les autres domaines n’est pas une nécessité.

De sorte que si l’on a fait tout son possible, si tous les choix ont été dictés par l’effort, on n’a rien à se reprocher au moment du bilan, quand bien même resterait-il une large marge de progrès.

Seuls l’orgueil ou la prétention peuvent laisser croire le contraire, mais comment cela pourrait-il être ? Lorsqu’on entreprend quelque chose, lorsqu’on engage une action on avance d’un pas vers le manifesté. Puisque le manifesté ne peut pas être exempt de défauts, le plein succès est inaccessible. Il faut par conséquent savoir se contenter au mieux de succès partiels mesurés à l’aulne de critères restreints voire illusoires.

Il n’y a donc pas lieu de ruminer un échec, il convient plutôt de s’en servir pour repartir courageusement.

L’un des intérêts à adopter un comportement en permanence appuyé sur l’accomplissement d’efforts raisonnables est qu’en se retournant sur le travail accompli on peut, dans une certaine mesure, en retirer une sorte d’apaisement. Parce qu’on a toujours tenté de faire de son mieux on devient moins sensible aux reproches, et aux échecs ; c’est reposant.

Ceci ne doit pas pour autant devenir un encouragement à la médiocrité. L’attitude à adopter est essentiellement et activement tournée vers la recherche d’une amélioration par une démarche aussi résolue que calme.

Cette sorte de comportement apporte de vraies satisfactions, c’est l’ouverture sur un bonheur interne, rayonnant quelquefois.

La plupart des actions que nous accomplissons sont le fruit d’une réflexion puis d’une décision de passage à l’acte. La présence d’émotions perturbe ce processus. Pour prendre de bonnes décisions il faut veiller à être paisible au moment du choix.

En matière d’émotions, parvenir à maîtriser ses pensées est un atout essentiel. Les pensées relèvent des propriétés du « Manifesté » : par exemple elles sont conscientes, elles cloisonnent, elles ne peuvent pas conduire à l’essence des choses. Elles ne peuvent donc pas apporter de réelle et profonde tranquillité, elles agissent comme un excitant.

Parce qu’elles appartiennent aux propriétés du « Manifesté », les pensées contiennent des défauts. Elles ne doivent donc pas guider notre conduite. Comment parvenir à les domestiquer ? Les choses les plus potentielles ont finalement toujours gain de cause sur les choses qui le sont moins. Bien qu’appartenant au domaine du « Manifesté » les pensées sont faiblement tangibles, c’est pourquoi il est si difficile de les contrôler. Pour y parvenir il faut remplir deux conditions : d’une part trouver un élément plus subtil qu’elles, davantage potentiel, cet élément doit, d’autre part, être tourné vers le bien.

L’amour, la compassion ne se conçoivent pas, ils se vivent, ils sont d’un très haut degré de potentialité, de plus ils sont nobles. C’est pourquoi les pensées doivent être, par exemple, soumises aux vouloirs du cœur. Les pensées noblement conduites amènent des actions de même nature.

La recherche excessive des choses matérielles éloigne des subtilités, elle va à l’encontre du but recherché. Tout ce qui contribue au paraître est à proscrire : à l’évidence, la recherche de l’argent, de la puissance et de la gloire n’est pas le bon cheminement.

En matière d’émotions toxiques, ne pas penser est le mieux.

Il est toujours recommandé de faire apparaître les aspects positifs de la situation (cette quête très importante n’est jamais vaine car il en existe toujours).

D’une façon générale, on devrait pouvoir arriver à ne ressentir aucune sorte d’angoisse sauf celle de ne pas parvenir à faire son devoir.

D’une certaine façon, assez indirectement, on sert aussi les autres lorsqu’on corrige efficacement, ses propres défauts. Cependant, à supposer que l’on ait bien compris le sens de la vie, que l’on œuvre activement pour effacer le plus possible ses défauts, à supposer que l’on ait le sens de la mesure et que l’on parvienne à maîtriser ses émotions, il n’en resterait pas moins que toutes ces opérations resterait pour l’essentiel tournées vers soi. Or, d’une part, il ne faut en rien favoriser l’égocentrisme et, d’autre part, la vie est avant toute chose un échange, une succession d’échanges. Il faut donc essayer de préciser un peu les conditions de ces échanges.

5- Quels sont les éléments qui interviennent dans une relation avec autrui ?

Selon la nature du référentiel, trois éléments principaux interviennent dans une relation avec autrui :

Si on prend soi même pour référentiel (ce qui reste le cas le plus fréquent), on peut mettre en évidence deux situations :

  • d’une part, ce que l’on entend, comprend, écoute, etc., est transformé par le filtre relationnel (filtre affectif, filtre émotionnel, présence d’un à priori,...) représentant l’état instantané des relations avec l’autre.

  • d’autre part, il est plus facile de percevoir les défauts de l’autre que ses qualités (de même qu’il est plus facile de percevoir ses propres capacités que ses défauts, de même qu’il est souvent plus facile de percevoir les aspects négatifs d’une situation que ses aspects positifs ou potentiellement favorable). Si on veut atteindre un minimum d’objectivité, il faut faire l’effort de s’intéresser à ces deux aspects de façon égale.

Si l’on prend, maintenant, l’autre pour référentiel on s’aperçoit que certains comportements qui peuvent lui être reprochés sont, en réalité, induits par notre propre attitude.

D’autres éléments interviennent dans une relation avec autrui. Par exemple, au moment même de la relation convient de :

  • respecter l’autre, l’admettre pour ses qualités (c’est en général, facile sauf jalousie) autant que pour ses défauts (si on adopte cette attitude avec autrui, on peut espérer qu’il s’en trouvera qui adopteront un comportement réciproque vis à vis de nos propres défauts).
  • détendre l’atmosphère par sa propre attitude
  • employer le langage de communication adéquate, placer le dialogue dans un climat de confiance, mettre honnêtement en exergue les points de convergence et ceux de divergence, être capable d’écoute réelle, être disponible un temps suffisant, ne pas fuir ses responsabilités, en cas de crise prendre du recul sur le problème.

Il faut aussi pratiquer la tolérance. La tolérance permet d’attendre les fruits très longs à mûrir de toute correction.

Il faut encore et toujours pratiquer la patience.

Il convient aussi de se mettre à la place de l’autre : que ferais je à sa place si on me faisait la même chose ?

Il faut se méfier raisonnablement du référentiel personnel, il donne trop facilement bonne conscience.

La relation avec autrui n’est pas le seul type de relations extérieures. A cette sorte de relation bi-univoque, intervenant entre deux personnes seulement, il convient d’ajouter la relation d’individu à collectivité (en introduisant ainsi la notion de multiple).

6- Autres relations extérieures

Dans l’ordre d’extériorisation croissante le cheminement suivi jusqu’ici a été le suivant :

  • 1er élément mis en cause, le seul d’ailleurs qui présente un réel intérêt si l’on veut aboutir à une nette et durable amélioration : soi-même. D’où les observations sur les défauts.
  • 2ème élément abordé l’impact des perturbations émotionnelles extérieures sur soi. Cet impact peut être lui aussi très profond.
  • 3ème élément examiné : la relation avec autrui. Il s’agit là, à l’évidence, d’une relation extérieure mais ses composantes « internes » sont encore fortes puisqu’elle ne met en jeu que deux individus.
  • 4éme élément : les relations avec les institutions (l’entreprise, la Société) ou les autres cultures. Du fait qu’il s’agit là des relations les plus extérieures, par conséquent des relations les plus formelles, ce sont les moins intéressantes. Elles sont complètement sous-tendues par les éléments précédents. S’ils sont convenablement traités, à chaque niveau, le 4ème type de relation le sera également (y compris les relations avec les autres espèces ou avec, l’écosystème - à cause de l’absence d’exclusion aucune composante ne peut être écartée de la démarche). Aussi se bornera t-on à ne signaler qu’un simple aspect de ce type de relation qui par sa complexité mériterait des développements particuliers, plus étoffés et spécifiques.

Il a été dit que la vie était un échange et que, si les règles étaient respectées, cet échange était équilibré.

Il en va de même dans ce contexte : il faut d’abord donner pour recevoir (on sème puis on récolte ; même le bébé qui tête le sein de sa mère lui a certainement apporté quelque chose l’assouvissement de son besoin viscéral de maternité, par exemple).

Prendre plus que le système ne le permet, aller au-delà de ses conditions d’équilibre est donc mauvais, c’est le plus souvent une solution de court terme, de pure facilité, de simple égocentrisme.

Il ne s’agit pas tant de quantité, ni même de niveau social, que d’équilibre dans l’échange, que de dignité de celui-ci (l’équilibre dans l’échange est une notion large, elle s’applique aussi à la notion d’équilibre relatif aux possibilités sous effort de chaque protagoniste).

Et puis, répétons-le encore : une Société se gère par l’exemple.

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Jacques Duranson

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