La médecine intégrative : un fourre-tout qui déprécie les alternatives médicales.

 
  • mercredi 31 janvier 2018.
  • Depuis de nombreuses années, je dénonce cette idée absurde de médecine complémentaire. Actuellement, c’est le concept de médecine intégrative qui émerge mais qu’est-ce qu’il recouvre ?

    L’idée d’une médecine complémentaire suppose deux prémisses :

    1. Tout d’abord, seule la médecine moderne détermine quelle pratique peut être complémentaire. Elle s’arroge ainsi, du fait de sa prééminence, le droit de dire si une pratique est digne d’être utilisée. Bien sûr, si cela devait être le cas, elle ne pourrait l’être que dans le contexte d’un complément ou dans un principe de sujétion d’une médecine mineure devant une médecine majeure. Il faut entendre ces termes en fonction de l’idée d’importance (+ et -) mais aussi de domination de l’adulte sur l’enfant. Ce qui montre toute l’arrogance qui s’attache au concept de médecine complémentaire.
    2. C’est ici qu’intervient une idée paradoxale ? En quoi une médecine qui se veut performante aurait-elle besoin d’une médecine mineure ? La médecine occidentale génère tellement d’effets secondaires qu’elle est incapable de soigner les petites maladies ni d’éviter les graves désordres que les traitements lourds occasionnent. C’est ainsi que ces médecines mineures, pourtant à même de faire ce qu’une médecine majeure s’avère incapable de réaliser, sont déclarées insuffisantes pour soigner des maladies sérieuses. Elles continuent d’avoir besoin de l’imprimatur d’un censeur médical. Ce point est d’autant plus choquant que c’est la très jeune médecine occidentale qui voudrait valider des pratiques plus anciennes et même la médecine chinoise pourtant infiniment plus ancienne et, dans le cas de la Chine, très largement majoritaire.

    L’idée de médecine intégrative se veut plus respectueuse mais, malheureusement, les réflexes de pouvoirs sont toujours présents. Il ne saurait être question de lâcher une quelconque parcelle de domination ! C’est ainsi que l’on découvre un discours paternaliste fondé sur un consentement condescendant. Il ne s’agit de rien d’autre que d’un habillage auquel le monde technologique et financier nous a habitué. On retrouve cette méthode pour d’autres domaines quand il s’agit de faire oublier des pratiques chimiques décriées avec les termes d’« agriculture raisonnée » ou de « greenwashing ». Cette conférence de Patrick Shan montre avec beaucoup de subtilités le paradoxe de la médecine intégrative mais aussi, même si c’est sous-jacent, les impasses d’une telle démarche.

    Conférence de Patrick Shan au congrès mondial de médecine intégrative de Guangzhou en Chine (décembre 2017).

    Un article du site : Pour une médecine écologique
    http://www.medecine-ecologique.info/article.php3?id_article=213